Pharmacie de la pyramide
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Dehors, la cigarette !

 Il est vraiment temps de s’y faire ! Aujourd’hui, l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics entre en vigueur. Administrations, commerces, gares, entreprises... la chasse est lancée. Près de 13 millions de fumeurs doivent désormais modifier leurs habitudes. Les non-fumeurs eux, devront encore attendre le 1er janvier 2008 pour que la loi s’applique dans les restaurants, bars-tabacs, cafés, discothèques et hôtels.

 

Les termes du décret fixant ses conditions d’application sont clairs. A partir du 1er février l’interdiction s’applique « dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou constituent des lieux de travail. Dans les moyens de transports collectifs et dans les espaces non couverts des écoles, collèges et lycées publics et privés, ainsi que des établissements destinés à l’accueil, la formation ou l’hébergement des mineurs ».

Les entreprises peuvent en revanche aménager des salles closes pour la consommation du tabac. Mais là encore le décret est précis. Ces espaces doivent être ventilés, équipés de fermetures automatiques, ne pas constituer un lieu de passage et ne pas dépasser 35 m2. Quelle que soit la superficie des locaux de l’entreprise.

Où pourra-t-on fumer désormais ?

  • Sur mon lieu de travail, est-il possible de fumer juste à l’extérieur du bâtiment ? Oui. A la différence de la législation américaine qui interdit aux fumeurs d’approcher à moins de 15 mètres de l’entrée des édifices, le décret ne prévoit pas de distance minimale. Il suffit d’être dehors, à l’air libre ;
  • Je dispose d’un bureau privé au sein de mon entreprise. Puis-je fumer avec la porte fermée et la fenêtre ouverte ? Non. Des collègues peuvent vous rendre visite ! Le bureau est par définition un espace collectif ;
  • Est-il possible de fumer dans les gares ? Non, dès lors qu’elles sont couvertes. En revanche vous pouvez fumer sur les quais ;
  • Sous un abribus, ai-je le droit de fumer en présence d’autres personnes ? Oui. L’abribus est un lieu ouvert ;
  • Est-il possible d’allumer ma cigarette dans une galerie marchande ? Non. C’est un espace couvert à usage collectif ;
  • Est-il interdit de fumer sur le pont d’un bateau à l’air libre ? Non. Pour les bacs, navires et bateaux, l’interdiction ne s’applique pas aux ponts à l’air libre ;
  • Je suis chauffeur de taxi. Puis-je fumer dans mon véhicule en présence de passagers ? Oui et non. Les taxis sont considérés comme des transports particuliers et non des moyens de transport collectifs, mais les préfets peuvent réglementer en cette matière. Pour les taxis parisiens, le chauffeur ne peut fumer qu’avec l’accord du passager ;
  • Est-il interdit de fumer dans les tribunes des stades ? Encore une fois oui et non. Oui quand elles sont fermées et couvertes. Non dans les autres cas.

50 euros d’aide pour vous désintoxiquer

Dans son discours prononcé le 23 janvier dernier, Xavier Bertrand a rappelé les moyens mis en oeuvre pour faire respecter la nouvelle législation. Quelque 175 000 agents sont ainsi habilités à contrôler les espaces publics, administrations et entreprises. Soit un contrôleur pour 74 fumeurs !

Ingénieurs du génie sanitaire, inspecteurs de l’action sanitaire et sociale, médecins inspecteurs de santé publique, inspecteurs du travail, policiers et gendarmes, ils distribueront des avertissements mais aussi… des contraventions. Fumer hors des emplacements fixés à cet effet coûtera 68 euros. Quant au responsable d’un établissement qui n’aura pas fait respecter la loi, il paiera 135 euros par fumeur…

Un volet « prévention » est également prévu : il comprend une vaste campagne médiatique de sensibilisation lancée mi-novembre, et le site www.tabac.gouv.fr qui met gratuitement à disposition du public des kits d’information et un numéro, le 0825 309 310 (0,15 euro/minute).

Le décret prévoit enfin la mise en place d’un dispositif d’aide à l’arrêt, et une prise en charge des substituts nicotiniques. Dorénavant, vous pourrez ainsi obtenir une aide financière de 50 euros et par an.

Concrètement, le fumeur souhaitant s’en sortir pourra en parler à son médecin, qui lui prescrira un traitement de substitution. Le patient devra le payer mais, selon le ministre de la Santé, « il sera remboursé en moins d’une semaine ».

Cette procédure est jugée insuffisante par la Haute autorité de Santé. Celle-ci recommande plutôt le subventionnement d’une démarche individuelle et active de sevrage. Car « la réussite du sevrage est fortement liée à la motivation de chacun ». Une notion bien connue des psychothérapeutes, mais apparemment pas du monde politique…

Alors comme chaque année 66 000 Français meurent du tabac et que 5 000 sont emportés par la fumée des autres, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Si la motivation vous fait encore défaut, des consultations de tabacologie sont là pour vous aider. Collectives ou individuelles, il y en a pour tous les goûts du centre hospitalier à l’institut de thalassothérapie branché.

Côté traitements, plusieurs écoles

Le tabac est une drogue, et une drogue qui accroche bien ses victimes. Pour en sortir, ne comptez pas trop sur votre seule volonté. Elle vous sera évidemment nécessaire, mais très probablement pas suffisante. Adressez-vous soit à votre médecin traitant, soit à un praticien exerçant dans une consultation de tabacologie.

Leurs conseils vous seront indispensables pour rassembler votre énergie et conforter votre motivation, pour vous orienter dans la gamme des traitements disponibles et… pour vous accompagner pendant des semaines – ou des mois – parmi les embuches des fausses certitudes et des tentations de rechutes.

Quant aux traitements qui vous seront proposés, ils sont de plusieurs sortes. Il y a d’abord les traitements de substitution, remplaçant la nicotine des cigarettes par celle de gommes à mâcher, patchs ou comprimés. Sevrage confortable, taux de réussite doublé par rapport au placebo, mais le suivi médical revêt une grande importance :

  • Environ 22 euros les 100 gommes, dont la consommation varie selon le degré de manque ;
  • Les patchs reviennent à 45 euros la boîte de 28 en moyenne, à raison d’un timbre par jour ;
  • Enfin les 72 comprimés « valant » en principe une cigarette s’achète autour de 14 euros.

Il y a aussi des médicaments, qui permettent de se passer du tabac :

  • Introduit en 2001 sous le nom de Zyban, le bupropion est un amphétaminique qui offrirait 20% de sevrage à un an. En raison d’accidents parfois graves, l’usage de cet antidépresseur doit être rigoureusement encadrée. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte ou allaitante. Environ 180 euros plus la consultation ;
  • La varenicline sera dans quelques jours dans les officines, sous le nom de Champix. En se liant aux récepteurs cérébraux, elle annihile l’effet de la nicotine. Plus d’effet « shoot », donc plus d’envie d’y revenir. Elle sera jugée sur ses preuves d’ici quelques mois, mais les études évoquent 71% de réussite à 6 mois après l’arrêt d’un traitement de même durée. Annoncé à 160 euros plus la consultation.
  • Les médicaments homéopathiques apportent une aide efficace. L’homéopathie est d’ailleurs de plus en plus prescrite en association avec les substituts nicotiniques. Elle s’adresse notamment aux femmes enceintes en raison de son absence d’effet secondaire. Son action se porte particulièrement sur le syndrome de sevrage : irritabilité, troubles du sommeil, bouche sèche et signes de dépression ;
  • L’acupuncture et l’hypnose ont également leurs adeptes, et l’on prête de bons résultats aux thérapies cognitives et comportementales. Ces dernières demanderaient pourtant à être codifiées et encadrées, notamment en matière de prix.

Evaluez votre niveau de dépendance au tabac, en passant le test de Fägerström. Et votre motivation avec le test de Richmond, sur www.destinationsante.com, rubrique « Bibliothèque ».

Page mise à jour le 26/02/2020